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Visages de femmes, joies du soleil et de l'eau, voilà ce qu'on assassine. Et si l'on n'accepte pas l'assassinat, alors il faudra tenir. Nous sommes en plein dans la contradiction. Toute l'époque étouffe et vit dans la contradiction jusqu'au cou, sans une larme qui délivre.
Non seulement il n'y a pas de solutions, mais encore il n'y a pas de problèmes.
"C’est cette partie dominante dans l’homme, cette maîtresse d’erreur et de fausseté, et d’autant plus fourbe qu’elle ne l’est pas toujours, car elle serait règle infaillible de vérité si elle l’était infaillible du mensonge. Mais étant le plus souvent fausse, elle ne donne aucune marque de sa qualité, marquant du même caractère le vrai et le faux. Je ne parle pas des fous, je parle des plus sages et c’est parmi eux que l’imagination a le grand droit de persuader les hommes. La raison a beau crier, elle ne peut mettre le prix aux choses.

Cette superbe puissance ennemie de la raison, qui se plaît à la contrôler et à la dominer, pour montrer combien elle peut en toutes choses, a établi dans l’homme une seconde nature. Elle a ses heureux, ses malheureux, ses sains, ses malades, ses riches, ses pauvres. Elle fait croire, douter, nier la raison. Elle suspend les sens, elle les fait sentir. Elle a ses fous et ses sages, et rien ne nous dépite davantage que de voir qu’elle remplit ses hôtes d’une satisfaction bien autrement pleine et entière que la raison. Les habiles par imagination se plaisent tout autrement à eux
-mêmes que les prudents ne se peuvent raisonnablement plaire. Ils regardent les gens avec empire, ils disputent avec hardiesse et confiance, les autres avec crainte et défiance. Et cette gaieté de visage leur donne souvent l’avantage dans l’opinion des écoutants, tant les sages imaginaires ont de faveur auprès des juges de même nature.

Elle ne peut rendre sages les fous, mais elle les rend heureux, à l’envi de la raison, qui ne peut rendre ses amis que misérables, l’une les couvrant de gloire, l’autre de honte.

Qui dispense la réputation, qui donne le respect et la vénération aux personnes, aux ouvrages, aux lois, aux grands, sinon cette faculté imaginante ? "


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Psychologie des profondeurs !

Elle régnait autrefois sur les tréteaux du théâtre, entre les coups de pieds au cul, les saignées des vilains docteurs aux grands chapeaux, entre les cocus, les marquis, les fats et les avaricieux. Elle était là, intacte, immense dans les frasques d'un bouffon chez Molière, à peine perceptible mais si influente, sur la trace des spectres, des elfes de Shakespeare. Et puis elle est partie. Elle a quitté la scène, la farce et la tragédie, la fiction, la Littérature pour devenir science. Elle s'est voulue sûre et certaine, rigoureuse, sérieuse, universitaire, scientifique et elle a recommencé, "pour de vrai", la grande comédie, avec les grands docteurs, les clystères, les purges et les excommunications. "Psychologie des profondeurs", elle a perdu sa grâce, son Art, sa géniale probabilité, elle est devenue discipline, pratique, dogmatique, avec ses disciples et ses hérétiques, son clergé, son discours sacré, ses maîtres. Adieu Polichinelle et Pantalon, Trissotin, Henri V et Richard, le roi paranoïaque. Adieu les rêves, les coups de bâtons et les acteurs qui saluent le parterre.
Si sérieuse, si triste, si infatuée d'elle-même et bien moins sûre, elle croit à l'idéal de "l'homme détrompé" à quoi ne croyaient pas ni Balthazar Gracian, ni La Rochefoucault, ni La Bruyère ou Marivaux. Elle croit pouvoir enlever les masques, tous les masques, psychologie à l'envers, psychologie inversée qui ne sait pas qu'un homme sans illusion ...

Elle était sauvage, elle était l'élégance de la pensée elle-même, toute la subtilité des êtres et des choses. Psychologie profane, à présent psychologie sacrée, psychologie "en personne", qui a extrudé du décor, les personnages et "l'amour" de l'humanité !
Psychologie sans masque, folle, définitivement folle, qui a quitté les planches, la rue, le monde, pour ses "laboratoires". Mais un homme sans masque...

"Jean-baptiste ou l'invention de la psychologie"
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Jean Oury en 2002, humour
Les aventures de M. StressKahn par philippe Sollers 2014
EN (dé) CONSTRUCTION.....
Consolidation des savoirs en psychiatrie EPSM Barthélemy-Durand 2014
"Claire "
Le désir ne manque de rien Gilles Deleuze
Colloques de Bonneval 1946
Henri Ey // Lacan
"le petit homme qui est dans l'homme"
La psychologie ne se sauvera que par un retour aux enfers
Michel Foucault
Eva Illouz 2014
"Pourquoi l'amour fait mal"
"Nous devons dire en conséquence que l’état pathologique ou anormal n’est pas fait de l’absence de toute norme. La maladie est encore une norme de vie, mais c’est une norme inférieure en ce sens qu’elle ne tolère aucun écart des conditions dans lesquelles elle vaut, incapable qu’elle est de se changer en une autre norme. Le vivant malade est normalisé dans des conditions d’existence définies et il a perdu la capacité normative, la capacité d’instituer d’autres normes dans d’autres conditions. "
Georges Canguilhem
Le normal et le pathologique 1963
"Houston, we have a problem here"
Bonnafé
L'écoute et l'écho
Pour que les gens parlent, faut aussi qu’ils osent parler. Ça aussi ça a l’air de rien et pourtant c’est quelque chose le nombre de gens qu’osent pas l’ouvrir, y a même pas besoin de les empêcher, ils se la coupent très bien tout seuls et ils trouvent toutes sortes de bonnes raisons pour pas se faire entendre, que de toute façon on les écoutera pas, et que ça servira à rien, et le jour où ils sont un peu sincères ils finissent par avouer qu’ils ont peur qu’on se foute d’eux, qu’ils ont peur de dire des conneries.

Comme si tout le monde en disait pas, des conneries, comme si dans tout ce qu’on débite y avait pas quatre-vingt-dix pour cent de conneries en moyenne, j’évalue ça en gros et vous m’en voudrez pas si je tombe un peu en-dessous de la vérité. Et puis qui c’est qu’en juge, que vous dites des conneries, qui c’est qu’en décide que c’est des conneries ?

C’est toujours la même histoire : au lieu de constater tout bêtement que les valeurs, c’est ni plus ni moins des mirontons comme vous et moi qui les font, aussi plats, aussi cons, aussi limités que vous et moi et sûrement pas infaillibles, les gens ils ont toujours derrière la tête, ce qui fait qu’ils peuvent même jamais le voir en face, ce modèle idiot de comment le monde est fait qu’y a quelque part dans les hauteurs une espèce de dépôt des poids et mesures ousqu’on trouve les étalons de tout ce qu’il faut dire et de ce qu’il faut pas dire, de ce qu’il faut penser et de ce qu’il faut pas penser, et toutes les fois qu’ils voudraient en sortir une ils se demandent ce que l’étalon va en dire, si elle sera à la bonne longueur ou si elle va pas avoir l’air trop minable, alors neuf fois sur dix après avoir bien réfléchi ils préfèrent la rentrer en douce, ils ont trop peur d’avoir l’air con.

Moi si je refaisais les Droits de l’homme, qui commencent à en avoir bien besoin, celui que je mettrais avant tous les autres, parce que c’est le plus fondamental et c’est peut-être le seul qui pourrait vraiment changer la vie, c’est le droit à la connerie. Le jour où chacun en sera pénétré, le jour où chacun sera décidé à l’exercer, vous pouvez pas imaginer ce que le monde sera plus heureux, et plus détendu, et plus aimable aussi. En attendant, faut continuer à avoir l’air intelligent, ce qu’on s’emmerde !

Roger Gentis, Guérir la vie, 1971.
Francis Jeanson, une certaine idée de l'équipe soignante...
Terminologie...
Hanna Arendt, Penser...
Lacan, le style...
Jean Oury, Ambiance
Peintures

Abstrait : Yves Béon
Figuratif Paris : Gilles Weissmann
Sculpture : Rodin
"C’est cette partie dominante dans l’homme, cette maîtresse d’erreur et de fausseté, et d’autant plus fourbe qu’elle ne l’est pas toujours, car elle serait règle infaillible de vérité si elle l’était infaillible du mensonge. Mais étant le plus souvent fausse, elle ne donne aucune marque de sa qualité, marquant du même caractère le vrai et le faux. Je ne parle pas des fous, je parle des plus sages et c’est parmi eux que l’imagination a le grand droit de persuader les hommes. La raison a beau crier, elle ne peut mettre le prix aux choses.

Cette superbe puissance ennemie de la raison, qui se plaît à la contrôler et à la dominer, pour montrer combien elle peut en toutes choses, a établi dans l’homme une seconde nature. Elle a ses heureux, ses malheureux, ses sains, ses malades, ses riches, ses pauvres. Elle fait croire, douter, nier la raison. Elle suspend les sens, elle les fait sentir. Elle a ses fous et ses sages, et rien ne nous dépite davantage que de voir qu’elle remplit ses hôtes d’une satisfaction bien autrement pleine et entière que la raison. Les habiles par imagination se plaisent tout autrement à eux
-mêmes que les prudents ne se peuvent raisonnablement plaire. Ils regardent les gens avec empire, ils disputent avec hardiesse et confiance, les autres avec crainte et défiance. Et cette gaieté de visage leur donne souvent l’avantage dans l’opinion des écoutants, tant les sages imaginaires ont de faveur auprès des juges de même nature.

Elle ne peut rendre sages les fous, mais elle les rend heureux, à l’envi de la raison, qui ne peut rendre ses amis que misérables, l’une les couvrant de gloire, l’autre de honte.

Qui dispense la réputation, qui donne le respect et la vénération aux personnes, aux ouvrages, aux lois, aux grands, sinon cette faculté imaginante ? "


Pascal, Pensées
Port-Royal des champs
Gilles Deleuze, L'anti-oedipe
Félix Guattari, Schizo-analyse
You can't always get what you want
Visages de femmes, joies du soleil et de l'eau, voilà ce qu'on assassine. Et si l'on n'accepte pas l'assassinat, alors il faudra tenir. Nous sommes en plein dans la contradiction. Toute l'époque étouffe et vit dans la contradiction jusqu'au cou, sans une larme qui délivre.
Non seulement il n'y a pas de solutions, mais encore il n'y a pas de problèmes.
Lucien Bonaffé